Auguste Dumont de Chassart, Sénateur, 1859 - 1921

Fils aîné de Louis Dumont et de Laure Duvieusart, Auguste-François-Louis-Marie Dumont de Chassart est né au château de la Hutte à Sart-Dames-Avelines, le 3 octobre 1859, et est décédé au Châtelet à Villers-la-Ville, le vendredi 26 août 1921.

Il avait épousé à Bruxelles, le 18 juin 1884, Alice-Pauline-Jeanne-Ghislaine Glibert, née à Bruxelles, le 8 août 1864, y décédée, le 13 septembre 1946.

Ils eurent cinq enfants: Marie-Louise (1885-1955) épouse d’Arnold van Wassenhove (1878-1947), Ghislaine (1888-1971) épouse du baron Gaston de Trannoy (1880-1960), Xavier (1890-1960) époux de Marie-Antoinette Bruneel de la Warande (1892-1954), Jacques (1892-1983), Caroline (1897-1987) épouse du chevalier Henry de Menten de Horne (1896-1988).

Auguste fit de brillantes études au collège Saint-Servais à Liège et ensuite les études de droit à l’Université de Louvain.

Immédiatement après son mariage, il s’établit à Villers-la-Ville, en 1884, où il construisit le château du Châtelet. En 1885, les électeurs de Villers-la-Ville l’envoyèrent au conseil communal où il siégea sans interruption jusqu’à son décès. L’année suivante, il devint bourgmestre de la commune et il le resta jusqu’en 1912, année où il entra au Sénat, pour l’arrondissement de Nivelles. Dans la haute assemblée, il s’attacha surtout à défendre les intérêts de l’agriculture, comme l’avait fait avant lui son oncle Eugène Dumont. Au Sénat, il prit part à de nombreuses discussions dont celles traitant du champ de bataille de Waterloo, de l’amélioration de nos gares, du réseau ferré et des routes dans l’arrondissement. L’avant-veille de sa mort, bien que gravement malade, il siégeait encore au Sénat et il avait rempli ce qu’il jugeait son devoir, en attirant l’attention du pays sur le gouffre économique vers lequel on le précipitait. Son successeur au Sénat fut le baron Thierry Snoy et d’Oppuers.

Il fut président de l’association catholique du canton de Genappe et membre influent de la Fédération des associations catholiques de l’arrondissement de Nivelles.

Pendant la maladie de son père, il fut chargé de la gestion du patrimoine familial et, très vite, il fut initié aux affaires industrielles par son oncle Léopold. A la mort de ce dernier en 1902, il entra au conseil d’administration de la société Dumont Frères, à Chassart, et en 1917, il succédait à la présidence du conseil à son oncle Théodore Dumont de Chassart. Il s’intéressa aussi très activement aux carrières de Ligny dont il était administrateur-délégué.

Pendant la guerre 1914-1918, pour occuper les chômeurs, il entreprit de grands travaux à Villers-la-Ville et à Villers-Perwin. Il transforma le château de Villers-Perwin et aménagea le parc, le jardin ainsi que l’étang.

Non seulement veneur mais encore grand chasseur et grand fusil, Auguste Dumont de Chassart chassait au petit et au gros gibier. Son territoire de chasse partait de l’abbaye de Villers et se terminait à l’entrée de Fleurus, en passant par Bouverée, Bérinnes, le Châtelet, Gémioncourt, les Crollys et les plaines de Villers-Perwin et Chassart. C’était l’époque où l’on tirait mille1 faisans en un seul jour dans les bois de Villers-la-Ville. Il chassait au gros gibier en Ardennes et, surtout, aux Epioux, dont il était président de chasse. Ses trophées se trouvent dans le hall du Châtelet aux côtés de ceux de son père.

Il avait un caractère très aimable. Il aimait peindre, les copies des portraits anciens du Châtelet sont de lui.

Il souffrait d’asthme. Décédé au Châtelet, ses funérailles eurent lieu à Villers-la-Ville, le mardi 30 août 1921, suivies de l’inhumation dans le caveau de famille à Villers-Perwin. Beaucoup de sénateurs et députés, de personnalités politiques, industrielles, religieuses et du monde agricole avaient tenu à rendre un ultime hommage au regretté défunt. On remarquait dans l’assistance: les sénateurs Berger, Brunard, Snoy et d’Oppuers, Simonis, de Mévius, Thiebaut et Delune, les députés Jourez et Pastur, le baron van der Elst, M. Vanham, commissaire d’arrondissement, Pierre de Burlet, bourgmestre de Nivelles, le comte d’Hanins de Moerkerke, M. de Streel, etc...

Les discours furent prononcés par Max Pastur, au nom de la délégation parlementaire de Nivelles, par Paul Terlinden, président de la Fédération des Associations catholiques-démocratiques de l’arrondissement de Nivelles, par Joseph Maillet, conseiller communal et futur bourgmestre de Villers-la-Ville, et par Nicolas Baurin, au nom du personnel des Etablissements de Chassart.

A l’occasion du décès d’Auguste Dumont de Chassart, le cardinal Mercier envoya à mon père (Xavier) une lettre de condoléances dans laquelle il écrivait: "L’arrondissement de Nivelles et mon diocèse perdent un homme de valeur et un grand chrétien".

Chevalier de l’ordre de Léopold, commandeur de l’ordre de Saint-Grégoire le Grand, Auguste Dumont de Chassart obtint, le 20 septembre 1906, concession de noblesse, et par arrêté royal du 29 octobre 1908, autorisation de joindre à son nom celui de "de Chassart".

Antoine Dumont de Chassart

Extrait du livre édité par Bénédicte Dumont de Chassart et reproduit avec son aimable autorisation

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